{"doi":"10.71781/33971","title":"Impact of hepatitis C virus (HCV) and direct acting antivirals (DAA) on the persistence of human immunodeficiency virus-1 (HIV) reservoirs during antiretroviral therapy (ART)","abstract":"Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et le virus de l’hépatite C (VHC) ont provoqué deux pandémies majeures ayant profondément marqué la médecine moderne. Découvert en 1983, le VIH cible les lymphocytes T CD4+ et affaiblit le système immunitaire. Grâce au traitement antirétroviral (TAR), les personnes vivant avec le VIH peuvent mener une vie quasi normale, bien que le virus persiste sous forme de réservoirs latents, rendant la guérison impossible à ce jour. Le VHC, identifié en 1989, est un virus hépatotrope responsable d’hépatites chroniques pouvant évoluer vers la cirrhose ou le cancer du foie. Contrairement au VIH, le VHC est aujourd’hui guérissable grâce aux antiviraux à action directe (AAD), efficaces à plus de 95 %. Toutefois, la stigmatisation, le dépistage tardif et l’accès limité aux soins demeurent des obstacles majeurs, notamment chez les populations marginalisées. La co-infection VIH/VHC représente une convergence complexe de deux pathogènes à fort impact, amplifiant mutuellement leur pathogénicité. Le VHC, en exacerbant l’activation immunitaire systémique et la dysrégulation inflammatoire, pourrait favoriser l’établissement ou la persistance des réservoirs VIH malgré un TAR efficace. C’est dans ce contexte que s’inscrit mon projet de doctorat, qui vise à mieux comprendre cette interaction virale et ses implications sur les réservoirs du VIH. Dans mes travaux, j’ai émis l’hypothèse que les cellules T CD4+ spécifiques au VHC constituent une niche privilégiée pour l’infection par le VIH et la persistance virale, même après la guérison du VHC. En analysant les profils phénotypiques de ces cellules, j’ai démontré qu’elles exprimaient des marqueurs de de cellules hautement permissives à l’infection tels que CCR5, CXCR6 et CCR6. Des analyses in vitro et ex vivo ont montré que ces cellules pouvaient héberger de l’ADN viral intégré et même du virus réplicatif, confirmant leur rôle dans le maintien du réservoir du VIH. De plus, en étudiant une cohorte de patients co-infectés avant, pendant et après traitement par AAD, j’ai observé que la guérison du VHC entraînait une réduction significative du réservoir VIH chez certains participants, particulièrement ceux ayant contracté le VHC avant le VIH. Toutefois, cette réduction restait incomplète, illustrant la complexité de l’éradication du VIH, même dans un contexte immunologique allégé par la disparition du VHC. Ces résultats soulignent un paradoxe important : alors que le VHC est aujourd’hui guérissable, sa présence historique chez les PVVIH pourrait avoir laissé une empreinte durable sur l’architecture des réservoirs du VIH. Cela renforce l’idée que l’éradication du VIH nécessitera bien plus que des approches antivirales classiques. Il faudra non seulement cibler les réservoirs dans des populations cellulaires spécifiques comme les cellules T CD4+ spécifiques aux co-pathogènes, mais aussi intervenir tôt dans le cours de l’infection et dans la gestion des co-infections. Ainsi, cette recherche contribue à éclairer l’un des défis majeurs de la virologie contemporaine : comprendre les facteurs cellulaires, immunologiques et virologiques qui permettent au VIH de persister, malgré une suppression thérapeutique efficace. Elle démontre également que la guérison du VHC, bien qu’essentielle, ne suffit pas à elle seule à résoudre le problème de la latence du VIH. L’histoire du VIH et du VHC, avec leurs similitudes et leurs différences, rappelle que la lutte contre les virus ne repose pas uniquement sur des avancées pharmacologiques, mais également sur une compréhension fine de leur interaction avec le système immunitaire et leur impact à long terme.","journal":"Open MIND","year":2025,"id":586324,"datarank":0.0,"base_score":0.0,"endowment":0.0,"self_citation_contribution":0.0,"citation_network_contribution":0.0,"self_endowment_contribution":0.0,"citer_contribution":0.0,"corpus_percentile":null,"corpus_rank":null,"citation_count":0,"citer_count":0,"citers_with_citation_signal":0,"citers_with_endowment":0,"datacite_reuse_total":0,"is_dataset":false,"is_dataset_confidence":0.966,"is_data_producer":false,"deposit_databanks":null,"is_oa":true,"file_count":0,"downloads":0,"has_version_chain":false,"published_date":"2025-01-01","fair_score":null,"fair_percentile":null,"algorithm_id":"datarank_citation_only_1hop_v6","ranking_scope":"data_only","authors":[{"id":1500309,"name":"Gobran, Samaa","orcid":"0000-0001-9962-630X","position":0,"is_corresponding":true}],"reference_count":0,"raw_metadata":null,"created_at":"2026-07-19T02:59:28.666390Z","pmid":null,"pmcid":null,"fwci":null,"citation_percentile":null,"influential_citations":0,"oa_status":null,"license":null,"views":0,"total_file_size_bytes":0,"version_count":0,"fair_f":null,"fair_a":null,"fair_i":null,"fair_r":null,"fair_zscore":null,"fair_rationale":null,"fair_model":null,"fair_agent_version":null,"fair_fulltext_source":null,"fair_has_llm":null,"fair_computed_at":null,"clinical_trials":[],"software_tools":[],"db_accessions":[],"linked_datasets":[],"topics":[]}